Verdict historique en Grèce : condamnation des assassins nazis d’Aube dorée !

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SOURCE : L'anticapitaliste

A. Sartzekis

Après plus de cinq ans de procès, le parti néonazi Aube dorée a été qualifié d’« organisation criminelle » par la cour pénale d’Athènes, mercredi 7 octobre.

Les deux principaux verdicts sont les suivants :

– Chryssi Avgi (Aube dorée) est bien une organisation criminelle, qui s’est servi de l’appellation de parti politique pour perpétrer ses forfaits. Et donc sont jugés coupables de direction d’une organisation criminelle les sept dirigeants du groupe, dont le führer Michaloliakos, et ses lieutenants comme les cogneurs en chef Kassidiaris, célèbre pour sa crois gammée tatouée sur le bras ou le toujours eurodéputé Lagos, ces deux derniers ayant d’ailleurs depuis peu courageusement quitté la maison mère pour ouvrir chacun leur petite boutique qu’ils voudraient faire croire plus respectable ! Au total, une vingtaine de cadres (tous les anciens députés !) sont ainsi jugés coupables de direction et participation au groupe criminel.

– Pour le meurtre du rappeur Pavlos Fyssas, sont jugés coupables non seulement le tueur Roupakias mais aussi les 13 autres complices, ce qui revient à dire à quel point le meurtre avait été prémédité. Sont aussi jugés coupables de tentative de meurtre sur des pécheurs immigrés dans la banlieue d’Athènes cinq nazis, alors que dans le cas de l’agression contre les syndicalistes de PAME, l’accusation de tentative de meurtre a été atténuée en coups et blessures, dont les nazis sont jugés coupables.

Mobilisation massive

La question qu’on pourrait se poser, c’est ce qui se serait passé si le jugement avait épargné les dirigeants de Chryssi Avgi (Aube dorée) : toute la matinée, des dizaines de milliers (peut-être 30 000 ?) de manifestantEs de tout âge, mais avec une immense majorité de jeunes, se sont rassemblés autour du tribunal, dans l’attente d’un jugement qui risquait soit d’innocenter la direction nazie (avis de la procureure) soit de déboucher sur une sentence à mi-chemin, vu les liens historiques entre droite et extrême droite grecques. À coup sûr, la colère populaire aurait été immédiate : l’atmosphère de ce rassemblement rappelait le 1er mai 2002 en France, après la qualification du fasciste Le Pen au second tour de l’élection présidentielle, de par sa gravité et sa résolution.

Toute la gauche militante était présente, avec de gros blocs de la gauche anticapitaliste, de l’association antifasciste Kerfaa et du mouvement antiraciste en général, un impressionnant cortège de PAME, courant syndical du KKE (PC grec), et la fédération du secteur public ADEDY avait appelé à un arrêt de travail. Mais comme ce fameux 1er mai, la foule était si compacte (mais masquée !) qu’il était difficile de rejoindre son cortège syndical ou politique, alors qu’on pouvait tomber sur sa voisine de palier ou son dentiste, venus exprimer leur volonté que les nazis soient condamnés pour ce qu’ils sont : une bande d’assassins !

On peut imaginer l’intensité du cri de joie et la force des applaudissements quand vers midi a enfin été rendu le jugement, après plus de cinq ans de procès.

Une bande de tueurs racistes

Ce jugement est à l’évidence une victoire historique pour le mouvement antifasciste, qui mène depuis des années un combat incessant et a empêché très souvent l’apparition publique des tueurs de Chryssi Avgi. C’est une victoire indéniable des avocatEs des victimes, qui ont toutes ces années mené une bataille systématique pour faire apparaître les nazis pour ce qu’ils sont : une bande de tueurs racistes fonctionnant de manière extrêmement centralisée.

L’image qui ressort déjà des instants suivant la sentence, c’est la magnifique figure de Magda Fyssa, mère de Pavlos, qui a dédié cette victoire à son fils, dont on n’oubliera pas le rap antifasciste. Et c’est indéniablement un grand moment dans l’histoire de l’antifascisme en Grèce, et justice est ainsi rendue pour les victimes pour lesquelles a eu lieu le procès, mais aussi pour toutes les innombrables victimes des exactions des nazis, travailleurs immigrés dans les campagnes ou victime de meurtre raciste comme Sahzat Loukman assassiné en 2013. Mais les mobilisations antifascistes, on le sait, doivent continuer, surtout dans un pays où hier encore, le porte-parole du gouvernement osait ressortir le plat refroidi des « deux extrêmes ». Et d’ailleurs, pour nous rappeler que ce combat ne s’est jamais arrêté un seul instant, les flics ont osé, dès l’annonce du jugement, balancer des lacrymos et user des canons à eau contre la foule antifasciste ! Bon rappel : en dehors des peines de prison qu’on attend désormais pour toute la clique nazie, il faudra peut être exiger un examen approfondi des liens existant entre police et fascistes, car on se souvient que dans les bureaux où votent les policiers, les scores de Chryssi Avgi montaient en flèche… Et plus globalement, il est urgent de renforcer le combat antiraciste et anticapitaliste : si les nazis ont pu développer leur sale influence, c’est avant tout parce qu’une partie du patronat les trouvait fort utiles pour attaquer les immigréEs, les jeunes et les travailleurEs.


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