Grèves en cascade dans la sous-traitance à la centrale nucléaire de Gravelines

AVANT-PROPOS : les articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » ne représentent pas les positions de notre tendance, mais sont publiés à titre d’information ou pour nourrir les débats d’actualités.

SOURCE : Où va la CGT

En 2019 avait lieu le renouvellement de la PGAC sur la centrale de Gravelines (la plus grosse centrale nucléaire d’Europe). La PGAC, c’est la Prestation Globale d’Assistance Chantier, c’est-à-dire la prestation globale de la sous-traitance sur la centrale ; rappelons que la sous-traitance, c’est 80% de la maintenance d’un site…

A l’occasion de l’appel d’offre de 2019, c’était évidemment le mieux disant capitaliste qui l’emportait – et donc le moins disant social, avec les sociétés OMS, sous la convention du nettoyage, et Daher, évidemment moins avancée que la métallurgie (Endel…), sans même parler des Industries Électriques et Gazières (personnel statutaire EdF). Voir pour mémoire notre article écrit à l’occasion « Sous-traitance nucléaire : EdF fait son marché quinquennal à Gravelines ».

 

Déjà des conflits avaient eu lieu l’an dernier, contre la liquidation des acquis, et ils ont repris à la sortie du confinement pour des raisons bien évidentes, comme le non-paiement des heures supplémentaires ou de la prime COVID, alors que les sous-traitants ont assuré la présence et la continuité pendant toute la période de confinement.

 

D’abord, cela a été la grève à OMS, un des nouveaux sous-traitants avec de nombreuses travailleuses, pour

Deux tracts de la grève à OMS

  • La sortie de l’accord d’annualisation qui bloque le paiement des heures supplémentaires
  • 13°mois sans condition et sans abattement, comme signé dans un accord de « compétitivité » en 2019 applicable au 1er janvier 2020 (disponible ICI NdlR modifié le 11/10 à 14h30 : il y a une clause d’occultation et d’anonymisation dans l’accord, voir à la fin !!! On rêve – mais nous on a l’original…), y compris par la CGT, accord qui retire les accidents du travail ou le congé maternité de la période de référence (on ne le croit pas !), ou qui définit les droits sur une période continue de 1 an, ce qui exclut les précaires qui enfilent des contrats à répétition séparés par des coupures… (voir les tracts ci-contre)
  • Embauche des CDD et intérimaires
  • Augmentation des salaires
  • Suppression de l’abattement de 8% sur les cotisations sociales (salariales et patronales), mis en place depuis peu, par un accord propre à OMS signé par le syndicat CGT !

Cette grève reconductible qui a démarré le 30 septembre et reconduite le 10 Octobre marque les esprits par sa détermination, soutenue par l’Union Locale CGT de Dunkerque (bravo !) et aussi par les syndicats de proximité. Elle marque aussi les esprits par la participation importante de salarié.e.s intérimaires sur les revendications communes aux fixes, ainsi que quelques revendications spécifiques comme la prise en charge des EPI par les entreprises d’intérim, ce qui n’est pas toujours le cas.

Enfin, et pas le moindre, elle s’oppose ouvertement à la direction du syndicat CGT de l’entreprise OMS, et oui, et on retrouve de vieilles histoires, bien connues…

Car OMS dépend de la convention collective du Nettoyage, le délégué syndical CGT n’est rien moins que le directeur d’agence (lol !) qui chante les mérites du dialogue social avec la Direction, et affilié à la Fédération Ports et Docks via le Nettoyage CGT de l’Ile de France…

Hé hé, comme dans l’hôtellerie face à la CGT-HPE, voir les articles ICI.

La CGT OMS a non seulement signé l’accord compétitivité, mais s’est opposée à la grève – comme tout le temps dans le nettoyage hôtelier… nous l’avons souligné à de nombreuses reprises.

Ce qui a amené à juste titre à la syndicalisation des travailleurs sous-traitants dans le syndicat du donneur d’ordre (CGT EdF), comme cela se passe à la CGT-HPE ou à la CGT Arcelor Dunkerque. C’est cela la première étape de la reconstitution de la communauté de travail !

 

 

Alors que la grève à OMS vient d’être reconduite, elle s’est étendue le 8 octobre à Daher, autre sous-traitant chef de file de la reprise du contrat PGAC, toujours pour des revendications liées à la remise en cause des acquis

  • Paiement des heures sups
  • Maintien des avantages de l’ancienne convention collective
  • Primes diverses (astreinte, lavage, COVID)
  • Augmentation 200€ net par mois

Toutes ces revendications tant à OMS qu’à Daher sont évidemment justes et il faut les soutenir.

Mais ces conflits montrent une fois de plus les méfaits de la sous-traitance, accentués par des syndicats mafieux et corrompus (le Nettoyage Ports et Docks), la dégradation systématique et accélérée des conditions de travail et avantages sociaux.

Outre la défense de l’égalité des droits pour les sous-traitants par rapport au personnel statutaire (EdF), via la convention collective, c’est bel et bien la ré-internalisation de sous-traitance qui doit être au premier plan, pour aller jusqu’au bout dans la reconstitution de la communauté de travail contre l’exploiteur commun, représenté aussi bien par le donneur d’ordre (EdF) que par les entreprises sous-traitantes (quelles qu’elles soient…)

Soutien aux grévistes de OMS et Daher !

Participons aux collectes de soutien :

https://www.leetchi.com/c/solidarite-des-salaries-grevistes-oms
https://www.leetchi.com/c/solidarite-des-salaries-greviste-daher

 

Embauche de tous les précaires en CDI !

Ré-internalisation de la sous-traitance dans le nucléaire comme ailleurs !

Expulsons les faux syndicalistes corrompus de notre syndicat !


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