NPA: Note sur la situation sanitaire et notre intervention

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SOURCE : NPA

NOTE SUR LA SITUATION SANITAIRE ET NOTRE INTERVENTION

(COMMISSION SANTE SECU SOCIAL)

Une crise sanitaire qui va durer et s’aggraver avant l’efficacité de la mise en œuvre des vaccins

Même si chacunE d’entre nous souhaite le contraire, en ce début d’année, l’analyse objective de la situation, au niveau international comme au niveau national, laisse présager la poursuite de la crise sanitaire au long de cette année 2021.

La production et la mise en service de vaccins efficaces afin d’atteindre une immunité collective, en limitant les pertes de vies humaines et les graves problèmes de santé, permettent d’entrevoir le bout du tunnel. C’est néanmoins une perspective à moyen terme : la montée en puissance de la vaccination, même réussie, n’aura de résultats effectifs que dans plusieurs mois Elle ne permet pas d’endiguer en quelques semaines la remontée de l’épidémie que l’on constate dans le monde entier, y compris dans des pays jusqu’alors relativement épargnés (comme le Japon).

En Europe, cette remontée est générale, forçant la plupart des pays à reconfiner. Les causes en sont certainement multiples. Parmi elles on peut citer :

– La période hivernale froide humide ;

– L’apparition d’une nouvelle souche du virus, beaucoup plus contagieuse au Royaume-Uni, qui risque de s’étendre rapidement aux autres pays du continent ;

– Il faut y ajouter l’inefficacité croissante des politiques publiques alternant confinement ou couvre-feu. Il est frappant que les politiques des différents gouvernements européens, au départ différentes, deviennent de plus en plus semblables alors que leur efficacité décroît. En France, le gouvernement recule la date d’un probable reconfinement, testant un couvre-feu à 18h dans certaines régions, favorisant la reprise du travail en présentiel. Il choisit la date de reconfinement la plus éloignée dans les trois scénarios de reconfinement proposés par le conseil scientifique, avec le risque (souligné par le conseil scientifique) d’un nouveau développement de la pandémie et d’une saturation hospitalière totale.

La lutte contre le virus reste un objectif fondamental de notre camp social

Cette vision lucide de la situation doit accompagner la conviction maintenue que la lutte contre l’épidémie et la victoire sur le virus sont plus que jamais un des objectifs essentiels de notre camp social. On ne peut dissocier cette lutte des autres combats pour sortir de la crise. Plus l’épidémie dure, plus les coûts sociaux et démocratiques sont lourds. L’illusion d’une « relance » faisant fi des exigences sanitaires a fait long feu là où elle a été tentée. Les pays (USA, Royaume-Uni…) qui ont décidé de laisser filer le virus pour « sauver » l’économie n’ont fait qu’ajouter les catastrophes économique et sociale aux drames sanitaires. La poursuite de l’épidémie est utilisée par la classe dominante pour paralyser la riposte à leur politique. Au nom de « l’urgence sanitaire », législations sécuritaires et contrôle de masse s’étendent.

Face à une crise qui dure, le rejet massif des contraintes imposées au nom des nécessités sanitaires sans amener de résultats durables s’accroît. La parole publique perd toute crédibilité.

C’est spécialement le cas en France, où le discrédit du pouvoir dans la gestion de la crise s’ajoute au discrédit accumulé les années précédentes, notamment lors de la crise des Gilets jaunes, puis lors du mouvement sur les retraites.

Après les mensonges gouvernementaux sur les masques, après l’absence de tests au départ de la pandémie, voilà le fiasco d’un début de vaccination parmi les plus lents d’Europe. Leur « stop and go » autoritaire n’a pas évité la deuxième vague. Cette dernière est suivie, non pas d’une réduction radicale de la circulation virale qui permettrait d’isoler plus facilement les nouveaux foyers, mais d’un plateau de haut niveau à près de 15 000 contaminations par jour. Cela alors que les hospitalisations n’intègrent qu’à peine les contaminations de Noël et pas celles du jour de l’an, et que tout laisse présager la montée en puissance d’une troisième vague avec son risque de probable reconfinement.

Affirmer une alternative du mouvement ouvrier, social et démocratique

Le discrédit du pouvoir ne se traduit pas pour autant en mobilisation. Encore faut-il une alternative portée par des secteurs significatifs qui donne des objectifs à la mobilisation, faute de quoi la colère risque de se transformer en résignation ou en déni de la réalité.

Ces objectifs peuvent s’organiser autour de deux axes de luttes :

1) Faire face immédiatement à la remontée de l’épidémie ;

2) Créer les conditions d’une vaccination réussie le plus rapidement possible.

1) Faire face immédiatement à la remontée de l’épidémie

Oui, il faut empêcher qu’une nouvelle vague épidémique ne submerge à nouveau le système de santé, mais pour y parvenir, il existe d’autres solutions que les mesures — autoritaires et de moins en moins efficaces — utilisées par le pouvoir. Elle suppose non seulement des moyens supplémentaires pour le système public de santé et la réquisition du secteur privé, mais aussi la réorientation de celui-ci vers la prévention et le dépistage rapide.

Aux couvre-feux, aux attestations et aux confinements punitifs, nous devons opposer la définition sur le terrain, entre professionnels de santé et celles et ceux qui y travaillent, des moyens les plus efficaces, des règles qui seront appliquées parce que définies et mises en œuvre collectivement.

Il faut une nouvelle fois rappeler qu’outre les « gestes barrières », une politique de dépistage rapide, de remontée des contacts et d’isolement des personnes contaminée, est efficace. Mais elle suppose là encore des équipes sanitaires et sociales qui vont au devant de la population, et trouvent avec elles les solutions.

À l’autoritarisme du pouvoir comme à l’individualisme libéral qui revendique le droit de « faire ce que l’on veut », nous opposons l’intelligence collective et l’auto-organisation.

Ce combat nécessite non pas la réduction mais l’extension de tous les droits sociaux (revenus et salaires garantis intégralement, droit au logement, aux soins…) et de tous les droits démocratiques (des papiers pour touTEs, libertés syndicales, droit de manifester…). Il nécessite aussi d’articuler nos réponses immédiates avec la perspective écosocialiste d’un monde qui ne favorise pas une nouvelle pandémie (réchauffement climatique, déforestation, destruction de la biodiversité, pathologies humaines chroniques de société qui font le lit des Covid sévères…).

Embauches et ouvertures de lits dans la santé. Au lieu de favoriser le retour en présentiel, vu les mauvaises conditions de travail à la maison (qui massacrent les dos et le moral…), il faut batailler pour de bonnes conditions, pour le maintien du télétravail et son encadrement (réduction du temps de travail, primes, fourniture de matériel, notamment de chaises de bureau de bonne qualité à domicile…). Réquisition de locaux, embauches de personnels pour l’éducation nationale (à préciser par les différentes commissions)…

Le gouvernement recule la question du reconfinement, posée dans la plupart des pays européens, pour des questions de maintien des profits. Nous en faisons au contraire une question sanitaire et sociale. il est possible que rapidement des voix scientifiques et médicales pressent le gouvernement à reconfiner, face au risque de débordement du système hospitalier (notamment si le variant anglais se développe). Nous en contesterons alors les priorités et les modalités, mais pas forcément l’urgence.

2) Créer les conditions d’une vaccination réussie le plus rapidement possible

La vaccination est un enjeu fondamental face au Covid-19, contre l’immunité naturelle et ses millions de mortEs. Mais ses effets ne seront pas instantanés.

À l’échelle mondiale, une vaccination inégalitaire sur le plan géographique et social, reflet des relations impérialistes et du manque de justice sociale, c’est pour touTEs le risque de nouveaux variants, plus contaminants aujourd’hui et à la mortalité plus élevée ou échappant aux vaccins demain. Cela justifie notre combat pour la réquisition des trusts de la vaccination et de leurs brevets, et/ou pour des licences obligatoires gratuites, pour fournir à toute l’humanité ces biens communs universels.

En France, le fiasco du début de la vaccination montre un gouvernement tétanisé sur le sujet. Son fonctionnement vertical et liberticide aggrave la défiance. Il en a conscience, avec l’expérience de l’échec de la vaccination H1N1 où seule 8,5 % de la population appelée par l’assurance maladie s’était rendue dans les « vaccinodromes ». Il a dû enregistrer l’impossibilité d’une obligation vaccinale, et c’est tant mieux. Mais il est dans l’incapacité d’organiser un large consensus autour de la balance bénéfice-risque des vaccins anti-Covid. Car cela supposerait bien plus que des chiffres dans des revues scientifiques. Cela suppose de couper les ponts entre les experts et les trusts de la pharmacie, après les nombreux scandales sanitaires (Mediator, Depakine, Coxib…). Beaucoup de scientifiques insistent sur la lourdeur administrative, et passent à côté de cette question essentielle. À noter la difficulté surajoutée que les vaccins disponibles ne sont pas faciles à mettre en œuvre (chaîne de froid).

Quelques éléments sur la bénéfice/risque. Du côté des bénéfices… Une efficacité de 95 % contre le Covid, qui a déjà fait 1,8 millions de mortEs dans le monde, 66 000 mortEs rien qu’en France, avec probablement seulement 10 % de la population touchée. On a vite fait le sombre calcul des mortEs à venir quand on sait qu’il faut plus de 60 % pour obtenir la fameuse immunité collective. On voit là tout l’intérêt de vaccins efficaces, sûrs, aux effets potentiels limités et socialement acceptés pour épargner des millions de vie, notamment celles des plus fragiles. Sans parler de l’espoir de revivre, d’en finir avec les couvre-feux qui réduisent nos vies à la production des profits. Du côté des risques, lors des essais cliniques, il y a eu deux chocs anaphylactiques chez des malades hypoallergiques connus. Les hypoallergiques sont donc actuellement exclus de la vaccination. À cela s’ajoutent quatre paralysies faciales dans les 3 à 48 jours après le vaccin, le plus souvent régressives en une semaine. Chaque année, la France compte 15 000 paralysies faciales de ce type, le plus souvent d’origine virale. Le rapport bénéfice/risque est donc clairement positif.


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