Chronique estivale du monde policier

AVANT-PROPOS : les articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » ne représentent pas les positions de notre tendance, mais sont publiés à titre d’information ou pour nourrir les débats d’actualités.

SOURCE : Paris luttes

Le mouvement post confinement contre les violences policières n’en a pas fini avec le vieux monde. Les soubresauts de ce joli printemps continuent leur travail de sape contre l’institution policière et le rapport de force est tel que les médias se sentent obligés de parler de choses qui auraient été tues il y a 10 ans. Florilèges des meilleurs infos policières de cet été en Île-de-France.

La Bac d’Argenteuil toujours au top.

C’est un des hits de cette pause juillettiste. En absence du Tour de France, reporté pour raison de santé, on est obligé de continuer à faire semblant de s’intéresser à l’actualité. Et pas grand monde a pu louper les deux affaires qui touchent les raclures de la BAC d’Argenteuil. Cette unité de BAC n’est sans doute pas pire qu’une autre. On sait tous que la BAC est un agrégat de brutes et de racistes. Pas besoin de voir un film nominé aux Oscars pour le savoir. Il suffit de les avoir vus un jour intervenir avec un humanisme bien connu qui est bien souvent ponctué d’un bon vieux « fils de pute » des familles. Mais bon cette fois les bouchers de bacqueux d’Argenteuil se sont fait choper. Pas de chance pour eux. On en rigole mais évidemment c’est dramatique. Nous n’oublierons pas Sabri, mort suite à une « course poursuite » avec la police en mai dans cette même ville.

Sans doute largement lié, les flics ont fait la gueule quand, le 2 juillet, Streetpress, qui enquêtait déjà depuis un moment sur le racisme dans la police, a sorti une enquête sur la BAC de la ville du Val d’Oise. Un florilèges de « bavures » qui ne sont pas des bavures mais des pratiques classiques pour ces flics largement teintées de racisme. Tabassages gratuits, humiliations, menaces de viols, qui nous confirment ce que l’on savait déjà : les flics sont au mieux des lâches qui couvrent leurs collègues, au pire des sadiques et des pervers et parfois les deux. Quelques illustrations :

Un « gamin de 14 ans » se fait contrôler. « Le flic crache par terre et force le gamin à essuyer avec sa main. Son copain à côté le charrie en disant que lui ne l’aurait jamais fait. Le policier l’étrangle, comme ça, d’un coup », relate cette trentenaire.

Certains citent des endroits plus éloignés comme la forêt de Franconville ou l’autoroute A15. Il y a aussi la forêt de Cormeilles où Amir a été emmené il y a une dizaine d’années. « J’étais avec des copains. Ils ont fait plouf plouf dans le groupe pour savoir qui ils embarquaient », précise-t-il, assis dans sa chaise de gamer noire et rouge. Il a fait plus de quatre kilomètres pour rentrer.

Lors de leur contrôle par la Bac où ils sont menacés d’un taser et d’une arme, Sofiane et Youssef sont eux traités de « sales arabes ». Les fonctionnaires parlent aussi de leur « islam de merde, avec vos robes de filles pour la mosquée ». Quand Marvin et son ami se prennent une amende, elle est accompagnée d’un « ferme ta gueule, sale bougnoule ». Ce dernier a aussi assisté à des propos racistes quand il s’est fait embarquer et frapper pour le vol du scooter il y a trois ans :

« Ils avaient une discussion WhatsApp où ils ne parlaient que de trucs racistes. Ils écoutaient à côté de moi et disaient : “On a chopé un gars, encore pas très Français” ».

Mais ça n’a visiblement pas calmé ces bouchers puisque la nuit du 13 au 14 juillet, les flics ont manqué d’éborgner un ado de 17 ans qui rentrait de son job d’été. Il faut dire qu’il s’appelait Mohammed. Et on sait tous qu’aux yeux des flics, c’est une circonstance aggravante. Alors quand en plus le mec a 17 ans. Cadeau. Là encore, une violence gratuite, des insultes islamophobes, des tentatives de camoufler la réalité dès le début de l’affaire. L’impunité la plus totale dont jouissent ces miliciens les amènent à prendre un peu trop la confiance. Mais à Argenteuil comme ailleurs, tout se paiera…
Et on ne parle pas d’un blâme suite à une plainte de l’IGPN.

Quelques policiers (arabes) ouvrent leur gueule : on tabasse salement au dépôt du TGI de Paris

Heureusement il y a des traîtres ! Streetpress, encore eux, ont de nouveau sorti des infos sur ce qui se passe dans les geôles policières. Cette fois c’est dans les locaux du TGI de Paris, porte de Clichy, que des faits particulièrement choquants ont eu lieu. Un brigadier, arabe, c’est important de le dire, visiblement écœuré par le niveau de racisme attend par l’institution (il n’y a que lui qui y croyait) a dénoncé les pratiques à l’oeuvre. Certaines vidéos avaient déjà fuité de violences gratuites envers de migrants. Violences qui s’étaient soldées par une garde à vue pour l’auteur de ces actes.
Cette fois on apprend (mais on s’en doutait) que cette violence n’était pas un cas isolé mais bien une pratique répandue. Humiliation, racisme décomplexé, appels au meurtre. La bassesse de l’âme humaine n’est pas chez les détenus, mais bien chez les flics :

« Ferme ta gueule, sale bougnoule », « nègro », « sale race », ou les plus terribles encore :
« Je te lancerais tout ça dans la Seine. »
« Si on me laissait faire, je mettrais le feu à toutes ces merguez. »
Certaines nuits, même, l’une des policières aurait utilisé le microphone réservé aux annonces générales (évacuation ou évasion, etc…) pour réveiller l’ensemble des personnes en cellules en hurlant : 
« Allez debout les bougnoules et les négros, c’est fini de dormir, on se réveille. »
Un major, témoin de la scène, l’aurait qualifiée de « simple bizutage ». Parfois, les noms d’oiseau prennent aussi une tournure homophobe. « Sale pd », « va te faire enculer »

Les gradés sont au courant suite à de nombreuses remontées, mais il a fallu le sortir dans la presse pour qu’une plainte soit ouverte. Cerise sur le gâteau, l’IGPNavait prévu de sanctionner le policier à l’origine de ces révélations

Darmanin demande une clef d’étranglement sur lui-même en solidarité avec les keufs

Gérald Darmanin est pas au top en ce moment. La justice enquête pour démontrer qu’il a :

  • au pire : violé des meufs en profitant de sa position d’élu pour les intimider.
  • au mieux : négocié une pipe contre un logement social auprès d’une meuf pauvre qui était dans la dèche.

Pour vous dire la moralité du mec, le deuxième point c’est sa ligne de défense. Voilà donc les gens qui nous tapent des leçons de morale. Et vous savez ce qu’il a osé dire cet énergumène : « Quand j’entends le mot violence policière je m’étouffe ». Je m’étouffe. Il a osé dire ça. C’est toi qui nous étouffes avec ton air de gendre idéal libidineux. C’est toi qui nous étouffes avec tes lois infâmes. C’est toi qui nous étouffes avec ton sexisme assumé. Qu’est-ce qu’un pointeur comme toi va donner des leçons de français 
Et puis notons le champs lexical. « J’étouffe ». Bravo. Les même mots exactement que les derniers de Cédric Chouviat, assassiné par les flics. Cela a bien sûr été noté par la famille du défunt.
Mais peut-être qu’il faudra penser à faire tester la clef d’étranglement à M. Darmanin afin qu’il comprenne les mots qu’il utilise. Après tout une collègue a essayé récemment et elle n’en est pas morte (mais elle a bien failli).

Les flics éborgnent un jeune à la Goutte d’or.

Le quartier populaire de la Goutte d’or est, comme tous les quartiers populaires, une cible de choix pour les flics. Ils s’acharnent dessus comme rarement. Toute personne qui y est passée ces dernières années a pu constater un quadrillage policier effarant. Visiblement ça ne leur suffit pas. Ils ont encore crevé l’œil d’un gamin du quartier du 18e dans la nuit du 13 au 14 juillet. Un jeune de 17 ans qui rentrait du restau où il fêtait l’obtention de son BEP. Il s’est fait arracher la gueule puis ils l’ont laissé là, dans son sang. Des animaux.

Les joies de la CSI 93

On est vraiment trop gentil·le·s avec les keufs. On croit toujours que c’est pire et au fur et à mesure on s’aperçoit qu’ils sont capables de s’enfoncer toujours encore plus dans l’ignominie. Le cas emblématique est ce qui a eu lieu début juillet. Les médias, les magistrats, ont « découvert » (mdr les juges et les procs vous saviez très bien arrêtez de faire style) que les flics du 93 non seulement tabassaient et étaient des racistes, mais en plus faisaient des magouilles à base de shit et de faux témoignages. Sans blagues ? Des cas de rackets, d’affaires montées de toutes pièces sont dévoilés à la presse. Dans les quartiers personne n’est surpris mais quand même. Les gars faisaient plonger qui ils voulaient, tabassaient qui ils voulaient, obtenaient ce qu’ils voulaient. Difficile de croire les fachos d’Alliance quand ils passent à la télé pour dire que c’est le métier le plus dur du monde. Arrondir ses fins de mois sur le dos de gens plus pauvres que toi non seulement en inventant des outrages mais en plus en faisant du vrai business de drogue. Allez ciao les lampistes qui se sont fait pécho vous irez voir Scarface en cellule. Par contre toute la hiérarchie qui a couvert semble aller plutôt bien. Si on s’intéresse aux contradictions internes du pouvoir qu’on peut voir tout de même un petit rappel à l’ordre de l’État. Face aux agissements complètement hors de contrôle de la police, le ministère a rappelé qu’il était encore le seul maître à bord en décapitant une unité entière.

GO CRS sur le grill

On connaît tous GO CRS. Le mythique capitaine de CRS, extrêmement réputé pour son zèle. Il avait notamment montré beaucoup d’ardeur à l’évacuation du burger king durant l’acte 3 des gilets jaunes. Le site Désarmons les avait eu le bon goût de rédiger une petite bio. Et bien à l’occasion du 14 juillet il était en charge des troupes pour le bon déroulement du défilé de nos charmantes troupes coloniales. Un homme qui pèse donc. Libération a eu l’idée de rappeler ses états de faits et c’est toujours sympa de savoir qu’il y a 15 ans il participait à des chorales nazis à la caserne. Qu’est-ce qu’on s’amuse quand même dans une franche virilité.

Un nazi policier promu

Selon Marianne, un officier clairement nazi a été promu récemment. Selon une enquête vieille d’il y a plusieurs années, le CRS G., qui fut sanctionné par sa hierarchie pour avoir arboré un blason d’une légion SS, s’est trouvé un bon poste : il est désormais brigadier chef. Il n’a pourtant pas montré tous les gages d’un engagement républicain (pour choquer Marianne sur le racisme il faut y aller quand même vu qu’ils sont gratinés !). Citons par exemple ce qu’a pu entendre Ines, une de ses anciennes subordonnées (femme et arabe dans la police, on est presque compatissants tellement ça doit être dur) :

 : « J’en ai entendu [des propos antisémites et racistes] et on m’en a rapporté, du genre : “Le monde du show-biz, des banquiers, tous des juifs.” J’ai répondu : “Tu sais qu’il y a des juifs pauvres en France.” J’ai aussi entendu : “Les Allemands se sont trompés de cible en 40 en gazant les juifs plutôt que les Arabes.” »

Bien bien les valeurs de la République.


Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut