Plate-forme A : La refondation révolutionnaire du NPA pour réactualiser notre projet communiste et refaire parti

Nous reproduisons ci-dessous le texte de la Plate-forme A du congrès du NPA 2022. Cette plate-forme est présentée par 35 camarades du NPA et est soutenue par l’ARC.

 

Signataires : A (ENS), A (Jussieu), A (Blois), A.K. (ENS/Paris 1, CE, CNIF), B (Pantin), C (Chambéry, Secteur Transports), C (Le Mans, ex-Bordeaux), C (Jeunes Aix-Marseille), C (Tours), C (Bordeaux), D (Paris 19ᵉ), E (Jussieu), E (Rennes), H (Jussieu, Commission soutien migrants et sans papiers), H (Brest), I (Clermont), J (Jussieu), J (Atipic, Commission LGBTI), L (Paris 20e), L (Atipic), L (95), M (Atipic, CPN), M (Lyon Croix-Rousse/5/9), M (Pantin), N (Jeunes Nice), P (Paris 10e), Q (Nancy), S (Orléans, CPN, Commission LGBTI), S (Jussieu-ENS, CPN), T (Jussieu), T (Le Mans), T (18), T (Nancy), T (Nancy), Y (95, poste).

 

Pour faciliter la lecture et l’appropriation de notre texte de plate-forme, nous faisons le choix de le résumer ci-dessous en une page.

 

— Résumé de la plate-forme 

 

Le NPA est toujours en crise et notre mot d’ordre « ni scission, ni marasme » demeure malheureusement d’actualité. Avec le congrès, l’heure des choix est arrivée. Nous ne souhaitons ni rester dans un front de tendances pour construire notre boutique, ni faire perdurer les restes d’un parti large dans une routine d’appareil qui n’ose pas se démarquer assez du réformisme. Nous devons au contraire être audacieuxSES et réactualiser notre projet communiste pour refaire parti. La seule porte de sortie par le haut est donc une refondation révolutionnaire du NPA !

 

C’est en remettant au centre de nos discussions de vrais débats d’orientation sur notre stratégie et notre programme que nous pourrons créer un choc de confiance entre les militantEs pour faire resurgir de la camaraderie dans notre parti. C’est en clarifiant le projet de notre parti et en réaffirmant nos hypothèses stratégiques, comme la grève générale insurrectionnelle, que nous pourrons alors envisager sereinement toutes les tactiques sans créer de drames entre nous. Il faut renouveler notre fonctionnement démocratique pour un parti inclusif où il fait bon militer. Les droits et devoirs des tendances doivent être garantis et la direction doit respecter les mandats des militantEs. Cela implique une réécriture de nos statuts, la rotation effective des mandats et la remise au centre des comités dans notre parti. Ce n’est qu’à ces conditions qu’un véritable centralisme démocratique pourra émerger.

 

Notre construction à partir de notre implantation dans la jeunesse et les entreprises est une priorité. Nous devons en particulier essayer d’intervenir de manière volontariste dans des milieux souvent féminisés et racisés, comme dans le secteur du nettoyage ou la santé. L’auto-organisation des oppriméEs, y compris du point de vue du genre et de la race, est nécessaire et le sera encore après la révolution.

 

Le front unique de la base au sommet autour de revendications immédiates et unifiantes demeure un point central de notre politique. Dans le même temps, si nous devons reconstruire nos organisations syndicales à la base, nous ne devons pas hésiter, lorsque c’est nécessaire, à interpeller leurs directions bureaucratiques et à critiquer publiquement, en fonction des circonstances, leur passivité, leur absence de plan de bataille ou leur politique de défaites. Pour être capables de développer des politiques utiles de fronts uniques, y compris avec des réformistes – dans les luttes, et parfois même dans les élections –, nous devons construire notre courant sans nous excuser d’être révolutionnaires. Ainsi, nous devons disputer la direction des mouvements aux réformistes en proposant et en défendant notre orientation largement.

 

Nous ne pouvons pas nous contenter d’un simple programme d’urgence comme c’est le cas actuellement. Nous devons populariser un véritable programme de transition communiste qui soit crédible et désirable, et qui articule notre stratégie à des mesures concrètes de rupture avec le capitalisme. C’est le seul moyen de faire progresser nos idées et de montrer ainsi notre utilité face aux illusions réformistes et parlementaristes.

 

Nous défendons des propositions programmatiques spécifiques précisées dans cette plateforme. Cela comprend notamment : une analyse marxiste des crises qui, admettant la centralité du taux de profit comme moteur des crises du capitalisme, montre l’impasse des solutions de relance keynésiennes proposées par la gauche antilibérale ; un projet concret qui donne des pistes sur le moyen de passer d’une économie capitaliste à une économie planifiée, en parlant par exemple d’extension du champ de la sécurité sociale ; la rupture anticapitaliste avec l’Union Européenne des barbelés et du capital ; une écologie anti-productiviste qui assume une certaine décroissance dans certains secteurs de l’économie ; une vision du capitalisme comme un système intrinsèquement de classe, de genre et de race, donc la centralité du féminisme et de l’antiracisme au sein de notre projet révolutionnaire, tant en termes stratégiques (grève du travail productif et reproductif) que programmatiques (socialisation de la production et de la reproduction). Nous défendons la centralité de l’auto-organisation et la mise en place d’un gouvernement des travailleurSEs qui s’emparerait du pouvoir pour mettre en œuvre ces mesures.

 

Nous proposons donc que le congrès décide la réécriture de nos textes fondateurs et de nos statuts, et la rédaction d’un manifeste programmatique coordonné par une commission élue par le premier CPN suivant le congrès, comprenant des membres de la direction et des différentes commissions thématiques. Cette réactualisation de notre programme sera un socle pour la refondation révolutionnaire du parti !

 

— Fin du résumé de la plate-forme —

 

I) Une situation contrastée, entre crises du capitalisme pourrissant et points d’appui dans les luttes

 

Depuis notre dernier congrès de 2018, la situation de crise globale de la rentabilité s’est accentuée, entraînant une aggravation de différentes crises économiques, politiques, sanitaires et climatiques. Nous faisons le choix de n’en retenir ici que quelques éléments saillants.

 

Nous ne sommes toujours pas sortiEs de la pandémie de Covid-19, et ses impacts se font encore sentir. La pandémie a révélé l’interconnexion des économies mondiales et ainsi leur vulnérabilité. Sa propagation a déstabilisé à l’échelle mondiale toutes les chaînes de production, faisant basculer les populations dans la misère et provoquant une forte crise économique, à laquelle les gouvernements ont répondu par un déversement d’argent public pour maintenir les profits. Ce sont ces subventions massives qu’ils vont chercher à faire payer aux classes populaires, par l’inflation, les contre-réformes et enfin via la récession et la hausse du chômage qui se profilent, suite à la hausse des taux d’intérêts sous prétexte de lutter contre l’inflation.

 

La pandémie a également rendu visibles les inégalités, ainsi que la centralité du travail reproductif, au niveau international comme à l’intérieur des pays dits développés. Elle a montré le résultat de la casse des services publics de santé. Elle a favorisé la réapparition, à une échelle de masse, d’un discours antisémite et complotiste. Elle a également montré la nécessité de l’auto-organisation de notre classe (et notre incapacité actuelle à faire face à cette nécessité) pour prendre soin des nôtres, sans pouvoir compter sur la bourgeoisie au pouvoir dont l’autoritarisme masque mal l’inaction. La pandémie a enfin été un révélateur de la crise environnementale et de la destruction des écosystèmes, qui se sont aggravés cet été, avec les mégafeux et les évènements climatiques extrêmes qui ont lieu sur l’ensemble de la planète. Plus que jamais, le capitalisme pourrissant menace la survie de toute l’humanité.

 

À l’échelle internationale, la manifestation de cette crise de rentabilité peut se voir avec l’accélération et l’aggravation des conflits commerciaux, qui ont pu aboutir à l’invasion de l’Ukraine par la Russie ; et nous nous trouvons dans une période où de tels risques vont s’aggravant. Le capitalisme contemporain se caractérise donc également par le retour des guerres impérialistes.

 

Avec l’absence d’un projet émancipateur à opposer au capitalisme en crise, ce sont les extrêmes-droites qui bénéficient de la situation, de Trump à Meloni, de Bolsonaro à Kristersson. La réaction avance, toute à sa croisade contre le « wokisme », contre les personnes trans, contre « l’islamogauchisme ».

 

En France, Macron a renforcé l’État autoritaire avec des lois d’exception, développant une islamophobie d’État. Il place le RN en bonne position pour 2027, RN dont le poids médiatique contamine tout le champ politique. Inversement, à gauche, le bon écho de la campagne Poutou a été noyé par le vote utile en faveur de Mélenchon. L’union de la gauche s’est faite dans la NUPES, et le fait que le centre de gravité de la gauche ait basculé du PS à la FI confirme le renforcement des forces réformistes au détriment des forces bourgeoises sociales-libérales.

 

Mais la situation est aussi marquée par d’importants points d’appui, tant à l’échelle nationale qu’internationale. Un espoir se renforce grâce au mouvement féministe. La période est ainsi traversée tout autour de la planète par une quatrième vague, un mouvement de masse féministe, pour le droit à l’avortement, contre les féminicides, pour l’égalité salariale, etc. De l’Islande à l’Argentine, de la Pologne au Mexique, ce sont les mêmes manifestations de masse. Des victoires sont arrachées : en Argentine, au Mexique, en Colombie, le droit à l’avortement a été gagné par les mobilisations. En Iran, ce sont les femmes qui sont en première ligne contre la dictature théocratique, pour la démocratie, tout comme dans une moindre mesure, ce sont les femmes russes qui ont été en premières lignes des résistances contre la mobilisation militaire.

 

En France, d’anciens clivages (travail du sexe, voile, islamophobie) commencent à être dépassés par l’arrivée de nouvelles générations militantes dans les luttes, ce qui permet de construire des manifestations de masse – même si des courants transphobes liés à l’extrême-droite cherchent à faire apparaître un nouveau clivage autour des personnes trans. L’émergence de cadres comme la coordination féministe (forcément parcellaire mais qui va dans le bon sens) est un élément très positif, tout comme la construction des grèves féministes du 8 mars.

 

Du côté de la lutte antiraciste, le meurtre de George Floyd aux États-Unis a entraîné une vague de protestations contre le racisme, et par là redynamisé le mouvement Black Lives Matter. Cette vague a aussi touché la France, avec une ampleur certes plus modeste mais indéniable, via le comité Adama et le mouvement de soutien aux migrantEs. Ces mouvements ont rouvert les débats sur les formes d’organisations et les priorités de la lutte contre le racisme, tout comme ils ont su organiser et mobiliser massivement, bien au-delà des cercles antiracistes habituels. Il n’en reste pas moins que l’offensive raciste – sous la forme notamment de l’islamophobie – est devenue un marqueur de la période partout en Europe mais ailleurs également, et que de ce fait, elle structure fortement la dynamique de lutte ainsi que les directions des organisations de gauche. L’évolution de la FI sur ces questions est l’une des explications de son succès dans les quartiers populaires. Il y a néanmoins encore trop peu d’initiatives sur ces questions, et les mobilisations restent encore très en deçà de ce qui est nécessaire pour le renouveau d’un mouvement antiraciste d’ampleur, même si le potentiel est indéniablement là.

 

L’hégémonie politique de la bourgeoisie tend à s’affaiblir, il en résulte que les contestations de l’ordre établi sont de plus en plus fréquentes. Le « modèle démocratique » français est ébranlé, et il est à parier que les revendications indépendantistes dans les colonies actuelles (Kanaky, Guadeloupe, Guyane…), et dans les minorités nationales (Corse) vont aller en s’amplifiant. C’est donc une tâche primordiale pour nous, révolutionnaires dans une puissance impérialiste, d’être au premier rang de ce combat contre « notre » impérialisme.

 

Un espoir existe aussi grâce aux révoltes populaires à travers le monde entier : luttes paysannes en Inde, grèves massives au Royaume-Uni, invasion du palais présidentiel et fuite du pouvoir au Sri Lanka, sans parler des mobilisations les années précédentes à Hong-Kong, au Liban, en Irak, en Algérie.

 

Enfin en France, on est définitivement sorti du creux des mobilisations qui a existé entre 2010 et 2016 (et qui lui-même refermait le grand cycle des mobilisations des années 1995 à 2010), par une reprise des luttes – la mobilisation contre la Loi travail de 2016, les mobilisations de l’avant-garde (jeunesse et cheminotEs), le mouvement contre la réforme des retraites, et surtout les Gilets jaunes, qui ont fait trembler le pouvoir. Au-delà des milliards qui ont été obtenus pour revaloriser la prime d’activité, la principale avancée de ce mouvement atypique est une prise de conscience, dans des secteurs autres que le mouvement ouvrier traditionnel, de la force qu’une mobilisation sociale d’ampleur peut avoir en se confrontant au pouvoir pour essayer de prendre ses affaires en mains… Malgré la pause forcée qu’a provoquée le Covid, le confinement et leurs retombées, tout cela a montré à la fois que les luttes sont toujours présentes, qu’elles émergent du mouvement ouvrier organisé et hors de lui, et qu’elles peuvent obtenir des victoires. À l’heure où nous écrivons, la mobilisation reprend, cette fois-ci à partir du privé, avec la grève des raffineries qui est en train de contaminer l’ensemble du mouvement social. Nous ne pouvons pas prédire comment cette mobilisation va évoluer, mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle démontre une fois encore l’existence d’importants points d’appui dans la période.

 

Ces mobilisations doivent néanmoins faire face à de nouveaux défis. La crise du mouvement ouvrier organisé gagne de nouveaux secteurs, comme le mouvement étudiant, effondré depuis la fin de la Loi travail. Cela ouvre des possibilités, comme les Gilets jaunes en ont fait la démonstration, mais cela crée aussi une faiblesse structurelle que l’on peine à dépasser, comme le montre la faiblesse de certaines journées de mobilisation syndicales sans lendemain. Il en découle une perte des réflexes militants, notamment en termes d’organisation des mobilisations et de construction de cadres démocratiques d’auto-organisation. Enfin le mouvement ouvrier fait face à un manque stratégique criant : la nécessité de faire le lien entre le mouvement ouvrier non-organisé (comme les Gilets jaunes) et organisé (notamment dans les syndicats), la centralité de la grève, l’auto-organisation, sont autant d’éléments qui nécessitent d’être développés dans un contexte où la stratégie des directions syndicales (journées de mobilisation éparses, grèves perlées, attentisme…) contribue souvent au découragement.

 

La situation est donc contrastée, et définit en partie nos tâches dans la période à venir !

 

II) Une refondation révolutionnaire pour clarifier notre projet et refaire parti

 

Après la chute de l’URSS et la disparition du stalinisme, notre objectif révolutionnaire est maintenant percuté, pour le meilleur et pour le pire, par l’effondrement du mouvement ouvrier organisé. Une des questions centrales qui se pose à nous est de savoir comment constituer un courant révolutionnaire trotskyste, qui ne se résigne pas au statut minoritaire, au sein d’un mouvement ouvrier en crise. Une des réponses serait de chercher prioritairement à reconstruire ce mouvement ouvrier au sein de fronts uniques avant même d’y développer un courant révolutionnaire structuré. Mais on aurait tort de penser que notre seul investissement fera la différence. Nos faibles forces ne peuvent suffire à inverser la crise que traverse le mouvement ouvrier. Si nous devons prendre notre part à sa reconstruction, notre apport central est d’ordre stratégique et programmatique. Construire un front unique ne fait pas avancer nos idées ni la lutte si nous nous y dissolvons sans porter une politique propre et offensive face aux réformistes. Pour être capables de développer des politiques utiles de fronts uniques de la base au sommet, y compris avec des réformistes – dans les luttes, et parfois même dans les élections –, nous devons construire notre courant sans nous excuser de ce que nous sommes.

 

C’est pourquoi nous appelons à la refondation révolutionnaire du NPA. Qu’est-ce que cela implique concrètement ?

 

2.1) Tourner la page du parti large

 

Forte de ses dynamiques électorales, la LCR, en créant le NPA, souhaitait regrouper les anticapitalistes et les révolutionnaires : elle voulait amener à elle des militantEs qui hésitaient entre réforme et révolution, en occupant l’espace politique, jugé vacant, à la gauche du PS. Cette tactique, qui était discutable et qui consistait à « perdre en substance pour gagner en surface », a été appelée « parti large » par ses défenseurSEs. La LCR s’est donc dissoute dans le NPA, la référence au trotskysme a été abandonnée, les débats stratégiques repoussés à plus tard. Or, la naissance du Parti de Gauche et du Front de Gauche, puis de la FI, est venue remettre en cause cette théorie d’un espace politique vacant. Tout le monde (ou presque) au sein du NPA s’accorde désormais pour dire qu’une telle politique a fini par échouer.

 

Dans ce contexte d’échec du projet de parti large, le manque de référence au communisme, l’absence d’hypothèse stratégique principale et de programme de transition, en bref tout ce qui avait été pensé comme la principale force du NPA, est devenu sa principale faiblesse. Il est difficile de créer un sentiment d’appartenance commune à un parti qui présente une identité politique aussi faible, et donc d’appliquer le centralisme démocratique, puisque les principales prises de décision censées instituer un parti ont été repoussées à plus tard et n’ont finalement jamais été prises.

 

C’est l’une des raisons qui ont mené les tendances oppositionnelles à devenir des micro-partis dans un parti fantôme. Cela n’a fait qu’accentuer davantage la crise du NPA, et a donné la situation que nous connaissons aujourd’hui. Si les tendances oppositionnelles ont accentué la crise du NPA, elles n’en sont donc pas la cause, mais bien plutôt le fruit.

 

Aujourd’hui, un grand nombre de membres du NPA, y compris celles et ceux qui étaient convaincuEs au départ du projet de parti large, reconnaissent que la période a changé et que l’espace qu’avait espéré prendre le NPA – à gauche du social-libéralisme – est aujourd’hui occupé par la FI. C’est très bien : ce congrès doit l’acter.

 

2.2) Affirmer notre stratégie révolutionnaire et nous doter d’un programme de transition

 

Cela passera par une modification de nos principes fondateurs et nos statuts et devra s’incarner dans l’ensemble de notre matériel et de nos interventions. Il s’agit en quelque sorte de revenir au meilleur de ce qui avait fait la LCR :
– rouvrir le débat sur nos diverses hypothèses stratégiques, notamment celle de la grève générale insurrectionnelle pour la prise du pouvoir de notre classe ;

– expliquer pourquoi l’auto-organisation est un élément central de notre stratégie autour de la notion de double pouvoir ;
– oser reconceptualiser et actualiser un vrai programme de transition, qui ne soit pas un simple programme d’urgence plus à gauche que celui de la FI.

 

Les formules floues comme “la reconstruction du mouvement ouvrier” ou la “gauche de combat” ne permettent pas de clarifier les débats puisque chaque camarade en donne une définition différente. Aujourd’hui, pour refaire parti, nous devons nous doter d’un projet clair.

2.3) Sans abandonner un élément central de notre stratégie, le front unique

 

Pour autant, le front unique demeure un aspect central de notre stratégie. Cette politique ne doit pas se limiter à un regroupement à la base de l’avant-garde large, mais consiste justement à construire l’unité de la base au sommet des organisations du mouvement ouvrier autour de revendications immédiates et unifiantes. Cela passe notamment par la signature d’appels collectifs aux mobilisations, mais sans effacer la question du fond politique de tels appels. Si nous ne pouvons pas exiger la reprise de l’entièreté de notre programme pour faire l’unité d’action avec d’autres forces politiques, inversement il ne s’agit pas d’adopter la ligne des autres organisations ou une partie de celles-ci. Plus globalement, si le front unique sert de médiation pour unifier la classe, il sert également à démasquer les limites du réformisme à une large échelle. Il faut donc y défendre publiquement notre politique. L’enjeu est moins le type de front unique que nous menons (bien sûr au sein de notre classe), que ce que nous y faisons !

 

Au-delà des fronts uniques servant à mobiliser, l’urgence est aussi de reconstruire des cadres unitaires antifascistes pour organiser une série de formations et de réunions publiques sur le danger de l’extrême-droite et notamment dans nos lieux de vie et de travail. La menace de l’extrême-droite peut en effet rapidement devenir une réalité récurrente dans les luttes. C’est l’un des premiers champs d’interventions de ces groupes et nous devrions renforcer notre collaboration avec d’autres forces : SO communs, manifestations contre les initiatives de l’extrême-droite, et organisation de la solidarité avec les camarades agresséEs…

 

Nous devons aussi (re)construire les liens entre les mouvements féministes, LGBTI, antiracistes, antivalidistes et le mouvement ouvrier. Dans notre propre parti, ainsi que dans les organisations syndicales dans lesquelles nous sommes implantéEs, nous devons pousser à la prise en compte de ces oppressions et permettre aux personnes les subissant de trouver leur place, notamment en faisant attention aux enjeux d’accessibilité. Il ne s’agit pas simplement de faire des cortèges de notre parti le jour des manifs féministes ou des prides, mais de construire en amont ces manifestations en nous investissant dans leur organisation, tout en y défendant notre politique. Dans cette optique, la construction de la grève féministe du 8 mars doit donc devenir une échéance centrale du NPA.

Mais c’est précisément parce que nous aurons un parti révolutionnaire, délimité stratégiquement et implanté que nous serons capables de prendre de telles initiatives, et que nous pourrons tenter toutes les audaces tactiques nécessaires.

 

2.4) En remettant au centre notre implantation

Si nous prétendons reconstruire le mouvement ouvrier, il n’y aura pas de raccourci possible : nous devons d’abord reconstruire notre propre parti ! Cela passe par un travail d’implantation, pas seulement dans les grands secteurs industriels historiques, mais également dans des secteurs féminisés et racisés en expansion numérique, comme le nettoyage, le soin (care), la santé. Cela doit se faire en lien avec la reconstruction de la Commission d’Intervention sur les Lieux de Travail (CILT), au niveau national comme local, ainsi qu’avec les commissions de secteurs pour qu’elles irriguent l’ensemble du parti. Le militantisme à destination des lieux de travail doit aussi se faire en aidant les camarades à se faire embaucher dans les secteurs que nous choisissons de prioriser et à y militer syndicalement, en faisant le lien avec leur comité. Les Rencontres Nationales Public-Privé devraient à ce titre redevenir une priorité du parti.

Ce travail d’implantation doit se faire dans la jeunesse avec l’amélioration des liens entre le Secteur Jeunes et le reste du parti, mais également dans les quartiers populaires, en reconstruisant la commission Quartiers et en investissant les questions qui y sont liées comme le logement, les violences policières, le chômage et la précarité.

S’implanter, c’est également prendre notre part dans la construction ou la reconstruction des collectifs militants écologistes, féministes, antiracistes, lgbti…

Le parti doit prendre réellement en charge le travail de ses membres dans les cadres de masses, syndicaux, associatifs, collectifs formels ou non. Cela signifie que ce travail doit y être constamment discuté, ce qui est une nécessité à la fois pour épauler les camarades dans ce travail harassant, mais aussi pour éviter que les camarades ne se fassent absorber par ces cadres à domination idéologique réformiste, que ce soit matériellement – car cela demande beaucoup de temps – mais aussi idéologiquement. L’implantation du parti dans les syndicats doit se doubler d’un travail sans relâche pour aider à construire des oppositions « luttes des classes » et autogestionnaires aux directions syndicales en place, transpartisanes et passant outre le fétichisme d’organisation syndicale.

 

III) Élaborer un programme de transition adapté à la période

 

Nous voulons que ce congrès permette de discuter de notre hypothèse stratégique pour en finir avec le capitalisme, en partant des différentes expériences historiques. Le congrès pourrait également être l’occasion d’ouvrir le chantier de rédaction d’un manifeste programmatique, 13 ans après la fondation de notre parti, et prenant en compte l’évolution de la situation nationale comme internationale. Ainsi, nous pourrions sincèrement vérifier les accords et les désaccords sur le fond, au-delà des tactiques électorales ou d’intervention, pour sortir par le haut des difficultés du NPA, et de là, faire effectivement parti.

 

Nous devons donc être capables de populariser nos idées et d’esquisser les traits d’une société communiste qui serait adaptée au 21e siècle. Nous devons assumer et défendre un projet de société qui soit crédible et désirable. Cela ne signifie pas qu’il nous faille pour cela tout définir dans les moindres détails. Mais les bases d’un programme de transition pour le 21e siècle doivent être posées, des bases qui permettent de faire le pont entre les revendications actuelles des classes populaires et l’objectif d’un gouvernement des travailleurSEs qui engage la transition vers le socialisme. Un tel gouvernement est en effet une étape centrale pour prendre le pouvoir et avancer vers la mise en place de notre projet communiste.

 

Nous ne devons pas avoir un programme juste plus à gauche que celui de la France Insoumise en proposant par exemple un SMIC plus élevé. Entre les réformistes et nous, ce ne doit pas être une différence de degré mais de nature ! Il ne doit pas y avoir d’un côté un programme fait de mesures pour répondre à l’urgence et d’un autre un lointain horizon révolutionnaire. Notre programme doit utiliser les mesures que nous défendons pour démontrer que la réponse à l’urgence est une révolution socialiste.

Nous proposons un calendrier pour lancer le travail de rédaction de ce nouveau manifeste programmatique. Une commission devra ainsi être élue par le premier CPN suivant le congrès, comprenant des membres de la direction et des différentes commissions thématiques. Des points d’étape pourront être réalisés régulièrement au CPN et au CE et la question sera à l’ordre du jour des rencontres nationales des comités annuelles, de manière à ce qu’elles nourrissent le travail de la commission et non pas qu’elles se positionnent uniquement dessus, pour aboutir à une proposition soumise à discussion et aux votes au prochain congrès du NPA.

 

3.1) Démocratie et auto-organisation


Notre conception de la démocratie est celle d’une démocratie ouvrière qui ne se confond ni avec la démocratie bourgeoise actuelle ni avec la bureaucratie stalinienne. Il s’agit au contraire de placer au cœur de notre projet l’extension des libertés démocratiques (d’information, de manifestation, d’organisation) en les articulant au nécessaire contrôle des travailleurSEs et de la population sur l’organisation du travail, et partant, sur l’ensemble de l’économie.

 

Pour ce faire, nous devons agir en plusieurs directions : tout d’abord réaffirmer et renforcer notre critique du maintien de l’ordre bourgeois par la police, la justice et l’armée. La police tout d’abord, dont il faut exiger le désarmement et la restructuration en profondeur, un grand nombre de ses missions (comme la lutte contre les violences faites aux femmes et aux minorités de genre) devant être déléguées à d’autres corps spécialisés. Nous exigeons donc sa suppression sous sa forme actuelle. Il en va de même de la justice, notamment par la dépénalisation et la suppression d’un grand nombre de délits, la limitation au strict minimum de l’usage de la prison (déflation carcérale), avec pour objectif affiché son abolition, et la réforme en profondeur de la magistrature, en vue d’aboutir à une justice populaire, réparatrice et redistributive. L’armée enfin, par la suppression de l’armée permanente de métier, en faveur de formules de type « garde nationale populaire » ou « peuple en armes », tout en engageant à l’échelle internationale une politique volontariste de désarmement multilatéral, à commencer par l’arme nucléaire.

Mais nous défendons aussi notre conception de la démocratie en positif : nous défendons ainsi l’auto-organisation de notre classe en favorisant son auto-activité. Il s’agit de faire le lien entre la mise en mouvement de la classe en vue de la satisfaction de ses besoins, et l’organisation dont elle se dote en marchant vers ce but. Pour cela il nous faut étudier comment, dans chaque mouvement, par le biais de comités de grève, de vigilance ou de mobilisation, nous pouvons avancer vers la structuration de la classe en conseils, seule base solide pour la démocratie ouvrière. Nous devons également nous lier aux formes d’auto-organisation populaires ayant pour objectif l’entraide et la survie quotidienne et qui sont souvent dépolitisées et se développent loin de tout mouvement ouvrier organisé.

 

3.2) Une analyse marxiste des crises et une démarche transitoire


L’inflation actuelle est due à la hausse des prix de l’énergie et des transports, et à la désorganisation des chaînes de production qui fait suite à la crise sanitaire et à la guerre en Ukraine. Mais l’inflation s’inscrit dans un contexte de crise structurelle du capitalisme.

En réponse à ces crises, la gauche réformiste antilibérale préconise des remèdes de type keynésien voués à l’échec. Ces remèdes sont fondés sur l’idée que la hausse de la demande et des salaires pourrait à elle seule résoudre la crise en relançant l’économie. Mais ces fausses solutions ne constituent pas une véritable alternative aux politiques d’austérité. Elles ne peuvent déboucher à terme que sur plus d’inflation ou de la stagflation (comme dans les années 1970) ou sur une panne de l’investissement capitaliste (Mitterrand en 1981). C’est une illusion de croire que dans un capitalisme en crise, on puisse satisfaire de façon globale et durable les revendications des travailleurSEs.

 

Dans la situation actuelle de faible profitabilité du capital, des mesures de relance keynésienne ne disposent que de très faibles marges de manœuvre pour être appliquées. En période de crise, il n’y a pas toujours autant d’argent disponible que l’on croit dans les caisses du patronat. Notre programme, et nos points d’accord avec les réformistes, ne doivent jamais occulter la différence profonde d’analyse qui nous sépare. Nous pensons que les solutions nécessaires pour établir une société juste ne sont pas compatibles avec le système politique et économique actuel, et c’est en ce sens que nous défendons des mesures qui articulent à la fois leur nécessité et leur impossibilité à être mise en place sous le capitalisme.

À rebours de ces théories donnant un rôle central à la sous-consommation des masses, il nous faut développer une analyse marxiste conséquente de la crise, qui met au centre la loi de la baisse tendancielle du taux de profit. Cela revient donc à articuler notre programme de prise du pouvoir par un gouvernement des travailleurSEs appuyé sur l’auto-organisation, à la nécessaire rupture avec la propriété capitaliste, en vue de permettre la socialisation et la planification de la production.

Pour cela, il faut réussir à expliquer concrètement comment passer d’une économie capitaliste à une économie planifiée. Une piste de réflexion est l’extension du champ de la cotisation : c’est-à-dire la création d’unités de production (entreprises) non capitalistes, qui ne seraient viables que dans la mesure où elles ne seraient pas mises en concurrence avec les entreprises capitalistes. L’investissement et les salaires seraient financés par des caisses sectorielles d’investissement gérées par les représentantEs des travailleurSEs (cela fait écho à ce qui était prévu dans le projet initial de la sécurité sociale, conçue comme institution de la classe ouvrière).

 

Il ne s’agit pas de tomber dans l’illusion réformiste du gradualisme en faisant croire que ces solutions partielles pourraient être mises en œuvre dans le cadre d’un capitalisme en crise : elles ne peuvent au contraire qu’accroître la crise de rentabilité du capital, car la cotisation est un prélèvement sur la plus-value. Défendre une telle politique ne pourrait se faire qu’en assumant son caractère révolutionnaire. Ce projet de nouvelles caisses de la sécurité sociale va donc forcément de pair avec le combat pour la conquête du pouvoir politique par les travailleurSEs.

 

3.3) Écosocialisme et décroissance

 

La crise écologique ne se résoudra pas seulement par la socialisation de la production, même si celle-ci est centrale. Elle passera également par l’adaptation de la production aux besoins réels de la population et par la prise en compte des contraintes écologiques, des ressources disponibles et de leur renouvellement. Un programme révolutionnaire doit évidemment défendre la planification écologique des grands secteurs de l’économie (agriculture, énergie, métallurgie, etc.). Mais un gouvernement des travailleurSEs ne pourrait se contenter de socialiser et se réapproprier l’appareil productif hérité du capitalisme (les usines par exemple). Il devrait restructurer l’appareil productif, c’est-à-dire réorganiser et réorienter de nombreuses productions, en diminuer voire en supprimer certaines – comme le secteur de la publicité par exemple – au profit du développement d’autres – comme la santé et l’éducation par exemple.

 

Ce sera tout particulièrement le cas dans le domaine de l’énergie, où il sera impératif de se détourner des énergies du passé, à commencer par le pétrole et le charbon, en faveur des énergies renouvelables, en mobilisant l’ensemble des progrès techniques. Le NPA doit continuer de revendiquer la sortie du nucléaire et pour cela poursuivre son travail pour la rendre crédible, par exemple en s’appuyant sur des scénarios élaborés par des spécialistes comme ceux du collectif Negawatt. Mais il faudra se défier des solutions technocratiques imposées par en haut, pour au contraire favoriser l’appropriation par la population des choix énergétiques. Pour défendre un projet éco-socialiste crédible, nous devons aussi mettre en avant notre anti-productivisme et même oser parfois parler de décroissance dans les secteurs où cela est nécessaire. Le projet écosocialiste est “décroissant” dans le sens où il s’oppose à l’obsession morbide de la croissance de la valeur d’échange et met en avant la valeur d’usage.

 

3.4) Féminisme, antiracisme et capitalisme

 

Le capitalisme est un système qui repose tout à la fois sur une domination de classe, de genre et de race. Il s’est appuyé pour se développer sur le patriarcat et le racisme qui lui préexistaient, et qu’il a modelés en retour, tout comme il a été modelé par eux. Le capitalisme n’est donc pas aveugle au genre, ni à la race, même si nous faisons l’analyse d’un système qui fonctionne de façon unitaire. De la même façon que la classe, le genre et le racisme ont une base matérielle, ils sont nécessaires au système capitaliste. Dans le cas du genre, il y a exploitation, car il est extorqué aux femmes un travail qui contribue directement ou indirectement à la valorisation du capital lorsqu’elles reproduisent la force de travail (le travail reproductif), dans la sphère domestique, publique ou marchandisée. Dans le cas de la race, il y a sur-exploitation, car la force de travail des personnes racisées est tout particulièrement l’objet d’une appropriation, dans le cadre d’un travail qui peut être productif ou reproductif.

 

Stratégiquement, il s’agit de montrer que même si nous n’occupons pas exactement les mêmes places au sein du capitalisme, nous avons toutes et tous un intérêt supérieur à nous unir contre des exploiteurs communs. Cela implique également que nous devons tout autant construire la grève de la reproduction que celle de la production, condition pour que la grève devienne vraiment générale.

 

Sur le plan programmatique, cela implique que ce n’est pas seulement la socialisation et la restructuration de la production qu’il faut revendiquer, mais également la socialisation ou collectivisation des tâches reproductives (domestiques ou non, rémunérées ou non). La collectivisation des tâches reproductives impliquera la création de nouveaux services publics et la mutualisation de services, notamment pour l’éducation des enfants, la prise en charge des personnes âgées, la mise en place de cantines et de lieux de tâches domestiques collectifs, avec une modification de l’organisation de nos logements et de nos lieux de vie individuels et collectifs. Ces éléments sont d’autant plus à mettre en avant que la crise économique et les offensives néolibérales s’attaquent prioritairement à des secteurs reproductifs socialisés grâce aux mobilisations (éducation et santé). La résurgence de discours réactionnaires réassignant la femme au foyer et au rôle traditionnel dans la famille est une réponse, réactionnaire, aux faillites du capitalisme.

Mais si la base de la domination sexiste et raciste est matérielle, l’idéologie existe aussi. Elle pèse lourdement et perdurera même après la prise du pouvoir par un gouvernement des travailleurSEs. L’auto-organisation des oppriméEs du point de vue du genre et de la race est nécessaire et le sera donc encore après la révolution.

 

IV) Un fonctionnement renouvelé pour un parti où il fait bon militer

 

Ce n’est qu’en opérant ces clarifications qu’au fur et à mesure, nous referons parti. Le parti révolutionnaire que nous voulons construire ensemble est aussi un parti inclusif et démocratique, qui donne sa place aux militantEs et leur permet de se former, de décider en ayant connaissance de tous les enjeux. Pour cela, il faudra sans aucun doute reprendre la question des statuts, les affiner, les adapter à la réalité du parti. Il faudra également garantir aux camarades la possibilité d’être en désaccord et de l’exprimer tout en échappant à l’écueil d’une juxtaposition d’interventions des différentes courants (officiels ou officieux), en créant les conditions pour qu’à l’issue de chaque congrès, un fonctionnement harmonieux puisse se mettre en place. Il s’agit de partir du parti tel qu’il est actuellement pour le construire tel qu’on le veut.

 

Un parti révolutionnaire et démocratique, c’est un parti qui contrôle sa direction et ses porte-paroles. Un parti révolutionnaire et démocratique, c’est un parti qui ne considère pas comme secondaire la question des méthodes et qui refuse aussi bien les coups de pression virilistes que les manœuvres d’appareil et les procès d’intention. Pour s’en assurer, il sera nécessaire de renforcer la capacité d’intervention de la Commission de Médiation, et mettre en place une commission/cellule spécifique, distincte de celle-ci, chargée de lutter contre les violences sexistes et sexuelles, et dotée a minima des mêmes pouvoirs.

Un parti révolutionnaire et démocratique définit des droits et devoirs pour chacun de ses courants. Ni la censure, ni la fermeture des publications, journaux et sites des différents courants ne sont souhaitables, mais il n’est pas non plus possible que ces initiatives continuent à se faire au détriment des publications et outils de communication du parti, sans les alimenter. Il est indispensable que les courants priorisent la presse et le site “officiels”, en proposant en premier lieu leurs articles à ces organes. En contrepartie, ils doivent pouvoir disposer de tribunes régulières dans ceux-ci, et de leurs propres onglets sur le site, qu’ils seraient libres d’alimenter comme ils l’entendent. Ces conditions étant remplies, les courants doivent revoir leur politique éditoriale afin de mieux l’articuler à celle du parti, notamment en s’intégrant autant que possible aux comités de rédaction chargés de l’hebdo, de la revue et du site.

 

La question de la formation est également une question clé, puisque ce sont les formations qui permettent aux camarades de s’approprier les débats. En principe, c’est donc le parti qui assure la formation de toutes et tous ses militantEs. Les courants, qui sont des regroupements politiques et non organiques, ne doivent pas assurer de formations en dehors du parti ou qui soient réservées à leurs seulEs militantEs. Pareillement, aucun courant ne devrait accepter d’adhérentEs qui ne seraient pas adhérentEs du NPA, ni assumer une logique de « sas » d’intégration. L’ensemble des structures du parti (groupe de travail, commissions…) doivent être réellement ouvertes aux camarades de toutes les sensibilités qui doivent en retour y participer activement selon leurs forces.

Un parti révolutionnaire et démocratique, c’est également un parti qui respecte ses statuts et ses votes majoritaires : la rotation des mandats au CPN/CE votée en 2013, la Rencontre Nationale des Comités chaque année, dont le principe aussi avait été adopté en 2013. Pour la rotation des mandats, afin que la direction ne soit pas décapitée dans deux ans au prochain congrès, une politique de renouvellement à 50 % des éluEs depuis 2013 devra être mise en place dès celui-ci. Un parti révolutionnaire, démocratique, inclusif remet ainsi les comités au centre du jeu, car ce sont eux qui ont porté la campagne #Poutou2022, qui l’ont rendue possible et qui déclinent au quotidien la ligne nationale sur le terrain.

Enfin, un parti révolutionnaire et démocratique, c’est un parti qui applique le centralisme démocratique, sans lequel nous ne faisons plus parti, et nous ne pouvons ni mener des tests communs, ni, une fois ceux-ci effectués, en tirer collectivement les bilans. Mais bien sûr, pour que le centralisme démocratique soit applicable, il faut d’abord que nous soyons dans un parti révolutionnaire et démocratique… Il faut donc une refondation révolutionnaire !

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